
Par Sylvain Tessier
— PDG, Courtier IOBSP
Aura Finance, Lormont (Gironde) · Cabinet inscrit ORIAS n° 10054983
Depuis 2024, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu l’un des critères clés étudiés par les banques pour l’octroi d’un prêt immobilier. En 2026, le mouvement s’est amplifié : une majorité de banques différencient leurs conditions selon la classe DPE du bien, et certaines refusent désormais de financer les biens classés F ou G sans intégration explicite d’un plan de travaux. Chez Aura Finance, cabinet de courtage installé à Lormont depuis 2008, nous intégrons systématiquement la stratégie DPE dans l’étude du dossier de financement.
Pourquoi les banques scrutent le DPE en 2026
Risque réglementaire
L’interdiction de location des biens G (depuis 2025), F (2028) et E (2034) impacte directement la valeur de revente et le potentiel locatif des biens classés défavorablement. Pour la banque, financer un bien G sans plan de travaux, c’est financer un actif appelé à se déprécier rapidement.
Risque commercial
Un bien classé F ou G subit une décote de 10-30 % à la revente vs un comparable D. En cas de défaut de l’emprunteur, la banque récupère un actif difficile à revendre—d’où sa prudence accrue.
Pression réglementaire bancaire
Les exigences ESG (Environnement, Social, Gouvernance) imposées aux banques européennes les poussent à verdir leur portefeuille—avec des incitations internes à financer prioritairement les biens performants énergétiquement.
L’impact concret par classe DPE en 2026
Biens A à B
Conditions préférentielles. La majorité des banques proposent des « prêts verts » avec bonification de 0,10-0,15 point sur le taux nominal. Frais de dossier souvent remisés.
Biens C à D
Conditions standard. Aucune contrainte particulière au-delà du dossier classique. Le DPE D est le standard de marché en 2026.
Biens E
Conditions standard, parfois avec exigence d’un audit énergétique et anticipation des travaux nécessaires pour passer en D (souvent dans un horizon 5-7 ans). Pas de surcoût taux significatif.
Biens F
Financement possible mais conditionné : plan de travaux documenté (devis fermes) pour faire passer le bien en E ou D avant l’échéance d’interdiction 2028. Les travaux peuvent être intégrés au prêt principal ou via éco-PTZ.
Biens G
Refus fréquent en l’état. Financement uniquement avec plan de travaux ambitieux (passage à D ou C) intégré au prêt principal—ou refus catégorique sur certaines banques.
Stratégies pour optimiser face au DPE en 2026
Acheter un A-B avec prêt vert
Pour les meilleurs profils, viser des biens A ou B et bénéficier de la bonification « prêt vert » de 0,10-0,15 point. Sur 25 ans, économie cumulée 6 000-9 000 €.
Acheter un F-G avec plan de travaux structuré
Profiter de la décote initiale (10-25 %) tout en intégrant un plan de travaux énergétiques au financement. Stratégie souvent plus rentable que l’achat direct d’un D—mais demande une orchestration précise.
Anticiper l’audit énergétique
Pour les biens E-F-G, faire réaliser un audit énergétique en amont (~600-1 500 €) débloque les financements en présentant un plan de travaux objectivé. Investissement quasi-systématiquement rentable.
Structurer votre achat DPE avec Aura Finance
Chaque situation est unique. Les informations présentées sont données à titre indicatif. Une réponse personnalisée vous sera apportée après étude de votre dossier par un courtier Aura Finance.
FAQ — Banques et DPE 2026
Les banques refusent-elles de financer les biens F-G ?
Certaines oui, mais pas toutes. La plupart financent sous condition de plan de travaux documenté pour faire passer le bien dans une classe supérieure avant les échéances d’interdiction (2028 pour les F, 2034 pour les E).
Existe-t-il des prêts verts en 2026 ?
Oui, la majorité des grandes banques proposent des « prêts verts » avec bonification de 0,10-0,15 point sur le taux nominal pour les biens classés A ou B au DPE. Économie cumulée sur 25 ans : 6 000-9 000 €.
Comment intégrer les travaux au prêt principal ?
Trois options : prêt principal englobant les travaux (durée 20-25 ans, taux ~3,40-3,80 %), éco-PTZ jusqu’à 30 000 € à 0 % sur 15 ans, ou rachat de crédit avec travaux. Un courtier orchestre la combinaison optimale.
Combien coûte un audit énergétique en 2026 ?
Entre 600 et 1 500 € selon la surface et la complexité du bien. C’est un investissement quasi-systématiquement rentable—il débloque les financements et précise le périmètre des travaux nécessaires.
La décote d’un bien F est-elle vraiment de 10-25 % ?
Oui sur l’agglomération bordelaise en 2026. La décote moyenne observée : 10-18 % pour un F vs un comparable D, 20-30 % pour un G. À mettre en regard du coût des travaux pour passer en E ou D (typiquement 20 000-80 000 €).
Un courtier peut-il vraiment débloquer le financement d’un F ou G ?
Souvent oui. Un courtier expérimenté connaît les politiques de souscription DPE de chaque banque, sait quelles banques sont les plus ouvertes aux dossiers énergétiquement complexes, et orchestre le montage multi-prêts (principal + éco-PTZ + aides) qui rend l’opération acceptable et rentable.


